Arménie et Géorgie

Arménie et Géorgie

20 juin 2019 0 Par Lud et Fab

Rien ne vaut un petit séjour dans le confort d’une chambre d’hôtel équipée d’un frigo pour se requinquer! Nous retrouvons avec un plaisir non dissimulé les apéros saucisson-bière et nous délectons d’un grand lit blanc, nous abrutissant devant des épisodes de Stargate.

Nous reprenons la route de manière plus sereine, d’autant plus que les conducteurs arméniens nous paraissent très respectueux.

En sortant de Yerevan, capitale arménienne, nous voyons de plus en plus de structures aménagées pour les cigognes. Il y a même des bébés, c’est mignon.

Il fait une chaleur de dingue. Nous nous levons aux aurores pour profiter des heures fraîches moins suffocantes du matin. Dès 10-11h, impossible de rouler, nous devons trouver de l’ombre pour ne pas mourir grillés. Alors, l’idée est de bouger le moins possible, car chaque mouvement même infime nous fait perdre des litres de sueur. Nous comprenons aussi assez vite comment un pays aussi chaud peut rester aussi vert. Presque chaque jour, dans l’après-midi, se forment d’énormes masses nuageuses de tous les côtés, et des orages éclatent.

Heureusement, quand il pleut, il y a souvent une petite chapelle providentielle au bord du chemin.

Lors d’une pause sur le banc d’une station service, nous constatons avec étonnement que les conducteurs font le plein en ouvrant le coffre de la voiture. En voyant des bus munis de plusieurs bombonnes sur le toit, nous comprenons que cette station service vend non pas de l’essence mais du gaz. Les conducteurs remplissent non pas un réservoir, mais leur bombonne de gaz située dans le coffre.

Dans la plupart des villages, le réseau acheminant du gaz est aussi très développé. Les tubes sont généralement situés à un mètre du sol, mais grimpent à 3-4 mètres pour les accès aux maisons.

Nous traversons la douane Arménie-Géorgie sans encombre. Les paysages se ressemblent beaucoup, les panneaux sont toujours écrits en goa’uld ou dans la langue des anciens, cela reste à déterminer. Par contre, pour le moment, les 20 km après la frontière sont en train d’être refaits, donc quasiment impraticables en vélo, alors que c’est de la descente, que nous pourrions rouler facilement à 25-30 km/h!!! Après toutes ces bosses, nous espérons trouver un camping. Nous contournons un petit bois et arrivons dans une clairière. Un de nos meilleurs spots de camping sauvage depuis bien longtemps! Le matin, pendant que Fabien range la tente, Lud se gave les yeux en parcourant la prairie environnante. Nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude et les couleurs sont très intenses.

Les jours suivants, nous longeons une rivière traversée par de curieux ponts sur lesquels il ne vaut mieux pas s’aventurer. La route est en assez bon état, il y a beaucoup de descente et pas trop de circulation.

Constatant que le ferry pour la Bulgarie a été avancé de deux jours, nous décidons de prendre un chemin plus court mais qui passe par un col à 2283 m, alors que nous sommes redescendus à près de 1000 mètres. La route devient de plus en plus mauvaise. Après 7 km de montée à pousser le vélo, il commence à pleuvoir. Par chance, il y a un abri en bâche de camion où nous montons la tente. Il grêle trois fois de suite ce soir-là.

Le lendemain, le chemin est plein de boue, c’est un vrai calvaire de pousser encore 3 km jusqu’au col, qui en fait se trouve encore 4 km plus loin que ce que nous avions prévu. C’est assez joli, mais de la bouillasse s’accumule sur la fourche avant, usant prématurément le pneu. Il faut s’armer d’un tournevis pour extraire la boue séchée agglomérée afin de limiter l’usure du pneu.

Nous rencontrons de nombreux troupeaux de vaches, parfois le berger est à cheval. Pas loin du col, nous croisons un long convoi: près de 300 bêtes, veaux et taureaux compris, suivies par un char mené par deux bœufs et un camion transportant les plus petits veaux. Seraient-ce des bergers en transhumance?

Enfin, la descente!!!

Ben sur une route exclusivement caillouteuse avec une pente telle qu’il faut parfois pousser le vélo à la descente, que nos freins surchauffent tellement que le plastique de la gaine du câble de frein fond, bloquant le frein arrière, que le pneu arrière crève, qu’un rayon pète…. bref, vraiment top super descente! Mais c’est bô!

Après avoir revérifié les dates des ferrys, nous constatons que celui que nous envisagions s’arrête en Ukraine, mais qu’il y en a un autre direct pour la Bulgarie 6 jours plus tard. Quelle belle opportunité de faire un séjour balnéaire et s’imprégner de l’ambiance de la mer noire! Nous trouvons un petit hôtel à 40 mètres de la plage, nous pouvons entendre les vagues et voir la mer depuis le lit, c’est incroyable!