Changement de programme

Changement de programme

5 juin 2019 2 Par Lud et Fab

Serions-nous devenus totalement allergiques aux photos? Cet article n’en comporte aucune afin de rétablir l’équilibre suite au trop-plein de ces dernières semaines!

Au fil des jours en Iran, les tensions s’accumulent. Notre stratégie de privilégier les séjours chez les gens plutôt que de rouler sur des routes mortelles s’avère comporter également son lot de désagréments. L’ensemble de ces difficultés nous amène à réfléchir sur la suite.

Cela fait quelques mois que nous parlons beaucoup de notre future vie en Suisse, de l’aménagement de notre logement et des divers projets que nous nous réjouissons de faire. Nous constatons que la longue pause hivernale a quelque peu cassé la dynamique du voyage à vélo, phénomène amplifié par l’accident survenu à peine deux semaines après la reprise. La Cappadoce et le Kurdistan turc étaient une reprise prometteuse, mais nous attendions avec impatience l’Iran, toutes les belles choses qu’on nous avait raconté à son sujet, et de pouvoir enfin rouler sur de plus longues durées sans être entrecoupés par des pauses, trajet en bus etc. Néanmoins, nous avons été déçus sur plusieurs aspects. Enfin, nous réalisons qu’après 9 mois hors de nos vies « normales », loin de nos familles et amis, nous ressentons de plus en plus le manque de pouvoir faire des choses concrètes et durables. Ceci étant posé, l’idée du retour devient de plus en plus évidente, mais nous ne renonçons pas pour autant au voyage à vélo et au plaisir que nous ressentons par ce mode de voyage. Nous ressortons les cartes et étudions les trajets possibles pour rouler non plus en s’éloignant mais plutôt en se rapprochant de la maison. Il y a un petit regret sur ce que nous ne ferons et ne verrons pas pendant ce voyage. Mais nous sommes très heureux et soulagés de cette décision. Depuis le début de la conception de ce voyage, nous nous sommes toujours dit que nous étions libre de changer de plan à tout moment en fonction d’éléments extérieurs ou intérieurs. Certes l’Iran a été le déclencheur de cette réflexion, mais c’est l’envie de rentrer qui a été décisive. Nous sentons que même si actuellement le plaisir de voyager n’est plus présent, il reviendra très vite dès que nous changerons de pays, de contexte et de destination. C’est pourquoi nous désirons rentrer avec le même mode de voyage.

Nous planifions de rouler en Arménie et en Géorgie, puis de prendre un ferry pour la Bulgarie. De là, rouler jusqu’au nord de la Grèce, reprendre un ferry pour Athènes. Ensuite, remonter l’Adriatique soit à vélo, soit en ferry en fonction des envies du moment ce qui nous fera arriver au plus tard en septembre en Suisse.

Première étape: sortir de l’Iran. Nous sommes actuellement à Yazd. Nous prenons un bus de nuit pour Téhéran. Au petit matin, nous arrivons près du terminal ouest d’où partent les bus pour l’Arménie. Nous nous levons à l’annonce de l’arrêt, mais aussitôt le chauffeur nous renvoie à nos places. Nous retournons nous asseoir en imaginant que, comme cela s’est déjà passé d’autres fois, le bus fera un arrêt plus long à l’intérieur du terminal, idéal pour avoir le temps de décharger le vélo. Mais les kilomètres défilent et nous nous retrouvons à l’autre bout de Téhéran. Nous maudissons une fois de plus ce comportement typiquement iranien où la personne pense mieux savoir que nous ce qui est bien pour nous. Nous nous retrouvons à 15 km du bon terminal à devoir traverser à vélo une des pires villes du monde. Ces derniers éléments nous confortent pleinement dans le bien-fondé de notre décision et nous quittons l’Iran sans regrets. Mais, ce n’est pas si simple. Quelques sueurs froides et dizaines de minutes à tourner en rond dans le terminal de bus avant que deux places se libèrent dans un bus pour Erevan, capitale arménienne.

Le chargement du vélo et des sacoches est plutôt laborieux cette fois-ci, mais il faut reconnaître que même si ça demande parfois 30 minutes de négociations compliquées, nous trouvons toujours une solution en Iran. Nous sommes soulagés d’être dans le bus, dans 26 heures nous sommes en Arménie. Même un peu avant car nous parvenons à la douane à 4 heures du matin. L’intégralité du bus doit être déchargée et les passagers traversent la douane à pied avec leurs affaires, ce qui implique pour nous un vélo à moitié démonté et 50 kg de bagage. Joie.

Passé de l’autre côté, la première chose que fait Ludmilla est d’enlever son foulard, de le reléguer au fin fond d’une sacoche et de sortir son top le plus léger et d’enfin ôter cette satanée chemise couvrante aux manches longues. Et que souffle à nouveau le vent de la liberté…