La magie turque

La magie turque

18 avril 2019 0 Par Lud et Fab

Il n’est pas facile de quitter Ersin, ses amis et l’atmosphère paisible et créative qui règne dans son atelier. Le beau temps annoncé pour une bonne semaine nous encourage et nous revoilà sur un vélo tout bien huilé, nettoyé et réglé. Nous longeons la rive du Lac Köyceğiz et profitons de la vallée de Dalyan, relativement plate. Cela se gâte ensuite car pour aller en direction d’Efes: il y a forcément une grande montée, que ce soit par la grosse route ou les plus petites. Vous l’aurez deviné, nous choisissons à nouveau la tranquillité de la montagne, mais cette fois avec moult nourriture!!!

Le deuxième jour, nous poussons le vélo sur près de 8 kilomètres, quelle galère. La rencontre avec un couple de cyclovoyageurs qui descendent nous permet enfin de vous montrer notre système d’attelage pour le vélo, aussi nommé « the donkey system », d’après une excellente suggestion du papa de Fabien. Ces rencontres avec d’autres cyclistes nous font à chaque fois très plaisir et nous redonnent du cœur à l’ouvrage!

A un kilomètre du col, lors d’une pause repas, Ludmilla sent un bout de dent qui bouge. Après un bref moment émotionnel, nous mettons nos derniers efforts pour finir la montée et rejoindre le gros village d’Ula. Et la magie turque opère une première fois. Nous demandons à la pharmacie s’il y a un dentiste à Ula. Aucun des pharmaciens ne semble parler anglais, mais une cliente fort sympathique indique spontanément qu’elle peut traduire. Elle finit par nous accompagner faire le tour des trois dentistes du bled, et vérifie que nous sommes bien pris en charge. C’est une véritable bénédiction de tomber sur une personne aussi bienveillante dans un moment pareil!

Pendant que l’anesthésie fait effet, nous donnons nos formulaires d’assurance afin de pouvoir se faire rembourser. La dentiste ne semble pas comprendre. Après discussion, nous comprenons qu’elle ne nous fera rien payer du tout! A la fin de la réparation de la dent, le mari de la dentiste arrive pour la chercher. Ils nous demandent où nous dormons ce soir et nous proposent de nous inviter à souper (et aussi sûrement dormir, mais nous en serons certains que plus tard!). N’empêche, qui a déjà eu l’occasion non seulement de se faire réparer une dent gratos, mais aussi d’être l’hôte de son dentiste? Nous passons une très chouette soirée avec ce charmant couple de trentenaire, et gardons un souvenir d’Ula mémorable, tout ça « grâce » à un plombage qui a sauté!

Après toutes ces émotions, nous sentons le besoin de faire un jour de pause, surtout que Fabien commence à sentir des symptômes grippaux. En prenant un petit chemin sur le côté, nous trouvons un chouette endroit pas loin d’une source et y restons deux nuits. Nous croisons un motard qui s’enfonce dans la forêt en disant « mantar ». Il revient trente minutes plus tard avec plusieurs morilles et nous apprenons le terme turc pour dire champignon. Le lendemain, un autre type se pointe, fait un petit tour et finit par revenir avec des mantar. Ludmilla trouve une première morille en s’accroupissant pour un besoin naturel, et décide d’explorer un peu les environs. Avec succès puisqu’elle trouve deux autres morilles dont une de plus de 10 cm!

Un matin, nous constatons que le matelas semble dégonflé. Nous avons certes un kit de réparation, mais comment repérer où se situe le trou sur un matelas deux places sans lac ou baignoire à disposition? Nous avions de toute façon prévu de nettoyer le matelas avec de l’eau prise à la source, mais malgré plusieurs passages d’éponge, nous ne trouvons rien. Finalement, nous mettons plus d’eau et Ludmilla entend un léger sifflement. Voilà le trou, il fait des bulles! Il est si petit qu’il suffit d’appliquer trois couches de colle, même pas besoin d’un patch. Nous séchons soigneusement le matelas … et constatons que nous avons oublié de marquer l’emplacement du trou! Il faut inonder à nouveau le matelas et cette fois nous mettons une petite croix au stylo! Et une bonne nuit de sommeil s’annonce sur un matelas tout bien gonflé!