Turquie: c’est reparti!

Turquie: c’est reparti!

12 avril 2019 0 Par Lud et Fab

Enfin nous allons retrouver notre cher vélo Caracol!!! Il a passé l’hiver avec une partie de nos affaires à la ferme d’Ali où nous avions fait un mois de volontariat en décembre. Caracol semble en grande forme, et nous passons deux bonnes heures à réorganiser les sacoches. C’est aussi l’occasion de partager un repas avec la nouvelle équipe de volontaires tous très sympas et bien intéressés par le vélo. Le début est assez plat et comme signe de bonne augure, nous croisons peu après notre départ un cyclovoyageur belge. Nous échangeons les numéros et espérons nous recroiser plus tard car nous allons globalement dans la même direction.

Le deuxième jour, nous traversons Fethiye et campons sur une plage assez sauvage un peu plus loin.

Souhaitant éviter la grosse route principale qui comporte un très long tunnel, nous choisissons un itinéraire par les montagnes. Le cadre est à couper le souffle au sens propre comme figuré car nous passons beaucoup de temps à pousser le vélo tant la pente est grande. Nous croisons un animal que nous n’avons pas l’habitude de voir en forêt en Suisse: une tortue. Après bien des efforts, enfin, le réconfort d’un super endroit de bivouac. Nous étions tellement désespérés que nous avons failli camper dans le virage juste avant! C’est plutôt ardu de trouver un endroit plat en montagne! Une étude minutieuse du GPS nous montre une petite clairière idéale à un kilomètre avec même un accès à la rivière, ce qui signifie eau à volonté pour se décrasser de toute la transpiration du jour. Demain nous attend la partie la plus pentue avant le col.

Le lendemain, nous devons traverser une petite rivière, mais bien moins effrayante que celle en Grèce! Ensuite, la pente augmente et il n’y a que de la montée. Nous avançons mais lentement. Le chemin de terre comporte de plus en plus de grosses pierres qui dépassent et rendent le poussage du vélo encore plus dur. Il faut dire aussi que nous n’avons fait aucun sport durant les quatre derniers mois, la reprise est douloureuse! Nous devons parfois nous arrêter tous les 3oo mètres pour reprendre notre souffle, et ce même en poussant. Le moral tient bon grâce aux paysages magnifiques qui s’offrent à nos yeux. Notre seconde source de motivation (et d’énergie) est la nourriture que nous emportons en général en quantité suffisante, surtout quand nous abordons des contrées plus sauvages comme celle-ci. Nous avons une base et espérons trouver une de ces petites épicerie de village comme il y en a partout, ne serait-ce pour trouver du pain. La matinée passe, mais les rares bleds traversés ne comportent aucun commerce. A midi, nous cuisons notre dernière ration de pâtes dans un endroit paradisiaque: un petit cours d’eau, une vallée toute mignonne sans circulation, le chant des oiseaux… Plus tard vers 17h, nous parvenons à un village qui semble plus étendu, mais aucune trace de magasin. En désespoir de cause, nous demandons à un vieux monsieur qui décharge un coffre de voiture plein de courses. Il appelle sa femme qui parle un peu allemand et finalement ils nous invitent pour le café. Ils nous proposent des biscuits sur lesquels nous nous ruons. Puis Madame nous demande si on veut un Frühstück (petit-déjeuner). Un peu gênés mais extrêmement reconnaissants, nous acceptons volontiers les olives, le fromage et les œufs au plat, le tout dévoré avec un demi pain chacun! Si vous croisez un cycliste qui a l’air affamé, s’il-vous-plaît nourrissez-le !!!

L’estomac plein pour ce soir, nous faisons encore quelques kilomètres et campons près d’une mine abandonnée avec l’espoir de trouver de quoi déjeuner rapidement demain matin.

Au matin, après une dizaine de kilomètres, nous rejoignons la grosse route et trouvons un restaurant. Nous prenons un déjeuner du village très copieux et nous sentons vraiment soulagés de ce retour à la civilisation!

Nous parvenons à Dalyan, notre destination pour quelques jours. Nous séjournons chez Ersin, un constructeur de vélos en bambou que nous a recommandé Ricardo qui décidément a de bonnes adresses en Turquie! Nous tombons rapidement sous le charme de cet atelier collectif où se côtoient Ersin et ses « aides-apprentis » et un atelier de poterie. Pendant que Fabien fait les révisions de printemps du vélo, Ludmilla organise un workshop d’ocarina où participent 6 personnes.