Turquie: Edirne

Turquie: Edirne

22 mars 2019 1 Par Lud et Fab

Avec du retard voici le récit de fin novembre 2018.

Après un passage éclair en Grèce, nous voici enfin arrivés dans notre pays de destination pour passer l’hiver: la Turquie. Cela fait deux mois que nous nous pressons pour rejoindre la Turquie avant l’hiver. Nous planifions de passer deux jours à Edirne avant de poursuivre vers le sud. Entre l’accueil royal d’Asad et son frère Amine, et un besoin de repos, nous restons finalement deux semaines sur place!

Le premier soir, Asad nous réserve une surprise: son frère et lui nous concocte un délicieux pilav ouzbèke et invitent quelques amis. Parmi ceux-ci, Kabilan, un cycliste bernois, toujours sous le charme de la ville après six semaines à Edirne. Le courant passe bien et nous nous revoyons à de nombreuses reprises par la suite, enchantés de partager nos expériences de cyclovoyageurs en cette saison, du séchage de tente aux techniques pour se faire inviter chez l’habitant.

Les mosquées d’Edirne sont magnifiques. Nous visitons également le musée de la médecine. Nous retenons en particulier le rôle de la musicothérapie comme technique de soin déjà utilisée dans l’Empire Ottoman.

Notre hôte Asad est interprète pour une ONG qui aide les réfugiés. En effet, Edirne est proche de la frontière avec la Grèce et la Bulgarie, un passage privilégié pour rejoindre l’Europe. Il est intéressant de pouvoir discuter avec quelqu’un qui va sur le terrain. Que ce soit du côté grec ou bulgare, la police refoule de nombreux réfugiés en toute illégalité. Les cas de viol et de torture sont légion. Une autre pratique courante consiste à saisir et brûler l’intégralité des affaires d’une personne, y-compris les vêtements portés, et à la renvoyer nue, sans rien, en Turquie, été comme hiver, y-compris les femmes.
Certains parents pleurent leur fille de 14 ans kidnappée à des fins d’alimenter les réseaux de prostitution européens. Le tout est perpétré par la police dans le but de « protéger » l’espace Schengen de pauvres gens fuyant la guerre. Notre « civilisation » européenne est ainsi bien gardée, peu importe la méthode.