Dernier pays avant la Grèce

Dernier pays avant la Grèce

22 novembre 2018 1 Par Lud et Fab

En route pour la Bulgarie! Nous sommes quelque peu nostalgiques, la Serbie va nous manquer. D’ailleurs, nous aurions dû y rester, vu ce qui va arriver…

Nous sommes donc à la douane. Une longue file de voiture nous précède. Nous grignotons quelques gaufrettes géantes. Enfin, voilà notre tour, encore une minute d’attente et nous voilà hors de la Serbie mais pas encore tout-à-fait en Bulgarie, car pour y accéder, nous devons passer au travers des portiques jaunes. Inoffensifs en apparence, ils comportent une grille par laquelle est projetée une solution de javel afin de bien nous nettoyer. Grrr!!! Le dessous des sacoches et de nos pantalons est trempé. Ludmilla râle méga. Quel accueil!

Comme tout est équilibre dans la vie, juste après la douane bulgare, un chauffeur de camion nous appelle et nous offre des mandarines. « Vitamines! » qu’il dit.

La route est assez roulante mais fréquentée, en particulier par des camions. Au détour d’un chemin, quatre chiens énormes nous coursent. D’habitude, ralentir permet de calmer les chiens, mais vu leur nombre, leur taille et la rage dont ils font preuve, nous préférons tracer.

Entre l’inconfort de la route et la frayeur des chiens, nous quittons rapidement cette voie pour prendre l’ancienne route sur plusieurs dizaines de kilomètres. C’est très calme, et très pavé, genre TOUT LE LONG!

Le retour sur l’asphalte pour la descente, c’est le bonheur au carré pour cycliste.

Un ami bulgare nous recommande les sources d’eau chaude au sud de Sofia. Mais le détour est important, et nous tentons de pas perdre de vue notre objectif d’atteindre le sud avant l’hiver. Néanmoins, Ludmilla repère une source thermale et sa plage dans un village que nous traversons.

Pour la plage, il faut beaucoup d’imagination, mais quel joie de se laver avec de l’eau chaude! Nous remplissons une bouteille que nous ne boirons jamais tellement le goût et l’odeur de soufre sont prononcés.

La nuit tombant, nous cherchons un endroit pour dormir au chaud. Rutka nous accueille chez elle, nous offre à manger et nous cuisine un petit déjeuner. Merci à elle et à sa fille Vecelka pour la traduction!

Un point central dans les discussions chez Rutka, c’est l’itinéraire. Selon elle, il ne faut pas prendre la petite route que nous envisageons, car il n’y a rien le long de cette route. Il vaut mieux prendre la grosse route. Nous tentons de leur expliquer que c’est justement parce qu’il n’y a rien, du coup peu de circulation, et en l’occurrence moins de dénivelé, que nous préférons la ptite route. Sa fille demande même quel est le problème avec les voitures. Nous pensons qu’elles n’ont jamais roulé en vélo sur la grande route!

Le lendemain, nous partons confiants sur notre routelette, et n’avons aucun regret. Nous ne nous lassons pas des petites routes de montagne.

Les journées sont encore chaudes, mais dès que le soleil est couché, la température chute rapidement. Nous nous replions parfois sur des hôtels tels que le complexe Jitari. Ce genre d’établissement est habituellement hors de notre budget, mais nous utilisons un cadeau d’anniversaire pour nous offrir les 30.- par nuit pour deux avec déjeuner et spa privatif étant donné qu’on était seuls le 90% du temps. Nous en savourons chaque seconde après les montagnes bulgares qui, certes très belles, étaient tout de même éprouvantes.

Il est dur de quitter cet endroit aux mille délices…

Une fois de plus, la vague de froid annoncée pour la fin de la semaine nous motive à reprendre la route. Le plan pour ce soir est de trouver un endroit pour camper et voir le coucher du soleil en cuisinant des crêpes. Mais le soleil se couche si tôt qu’il fait presque nuit lorsque nous trouvons un emplacement, une sorte de gros cratère! Juste le temps d’apercevoir les derniers éclats du coucher du soleil, de déguster la dernière crêpe et il fait nuit noire. Le froid mordant nous pousse à faire la vaisselle, ranger et nous réfugier sous les sacs de couchage le plus vite possible.

Le lendemain matin, il fait gris. Nous décidons de tout ranger rapidement et de déjeuner plus tard pour ne pas trop nous refroidir. Au moment de plier la tente, il commence à pleuvoir. Cela s’arrête, puis reprend de plus belle alors que nous roulons. C’est comme si une bonne journée de merde s’annonçait…

Au premier village, au premier bistrot, le troquet d’une station service hors service, nous nous arrêtons et installons la bâche sur Caracol. A l’intérieur, une dizaine d’hommes qui fument. Mais au moins il fait chaud. Nous commandons deux thés et auscultons la vitrine pour trouver quelque chose de décent à manger. Nous optons pour deux croissants au chocolat industriels qui ne semblent vraiment pas terribles, mais carrément meilleur que tout le reste.

Après quelques temps, Fabien remarque qu’il y a un toaster dans un coin. Nous achetons du pain et demandons au tenancier qui acquiesce en amenant un autre toaster, puis une assiette garnie d’une sorte de confiture jaune-orange. En fait, il s’agit de son miel! Le beurre qui fond sur les toasts et le miel maison donnent alors une tout autre tournure à cette journée. La pluie cesse, le ventre plein, il est temps de repartir. Nous remercions notre hôte pour son miel en bulgare. Il nous offre un petit pot de son miel pour la route. La vie est belle et les producteurs de miel sont des gens en or. Ce doit être la douceur du miel qui transparaît dans leur personne. Blagodaria! (Merci!)