La montagne est tellement jolie

La montagne est tellement jolie

11 novembre 2018 2 Par Lud et Fab

Une chanson que nous écoutons beaucoup sur le route, telle une prière à la météo, rarement exaucée en ce moment: Le vent nous portera

La traversée de la Serbie continue et après le calme plat des vastes plaines, nous apercevons les premières petites montagnes. Cela réjouit nos cœurs d’enfants des collines. Cela signifie aussi que le dénivelé s’accentue ainsi que les courbatures!

Le vent de face est devenu un ami très collant et ne nous lâche pas de toute la Serbie. C’est un peu comme rouler avec les freins serrés et un son sifflant en permanence dans nos oreilles. Nous sommes donc ravis de trouver une station service pourvue d’une table à l’abri du vent. Et nous passons cette pause en charmante compagnie…

Un peu plus tard, il se met à pleuvoir. Nous sommes déterminés à essayer de provoquer la chance et trouver un endroit où dormir au sec. Nous quittons la grosse route et, s’aventurant dans un village, nous tentons la technique de demander si nous pouvons mettre la tente dans le jardin. Après un premier échec, la seconde maison nous accueille à bras ouverts, et nous voilà au chaud près d’un fourneau, confortablement installés sur un canapé doté d’une couverture à longs poils oranges. Slavitsa est notre grand-maman d’adoption pour la soirée. Elle insiste pour nous faire manger, nous laver et nous faire dormir dans le salon. Elle parle seulement serbe et sa petite fille passe un moment pour nous aider à échanger quelques mots. Après son départ, même si nous ne communiquons pas avec des mots, nous parvenons à nous faire comprendre par gestes. Une voisine arrive et nous regardons les feux de l’amour à la turque. Heureusement, c’est sous-titré en serbe!!!

Nous repartons les batteries rechargées, encore baignés de la douceur et des mille petites attentions de Slavitsa et son mari. Hvala puna! (merci beaucoup!).

Après quelques kilomètres sur la grosse route, nous nous en échappons enfin par une toute petite route qui s’enfile dans une charmante gorge. Nous y savourons la tranquillité, les maisons aux géraniums et les couleurs de l’automne.

Soudain, un volatile retient l’attention de Fabien. Il n’en croit pas ses yeux : dans l’enclos évolue un couple d’autruches. Nous arrêtons Caracol et allons observer ces gigantesques oiseaux aux plumes magnifiques.

Le revêtement de la route s’arrête laissant la place à une piste caillouteuse. Pleins d’espoir, nous pensons d’abord que cela ne durera pas, mais après plusieurs kilomètres, il faut se rendre à l’évidence. Consultant le GPS, nous apercevons un pont situé 500 mètres en arrière. Ludmilla part à pied faire une reconnaissance du terrain. Voici les photos prises pour montrer à Fabien.

Le pont n’est pas grand, certains passages sont étroits, mais de l’autre côté, il y a de l’asphalte, alors nous tentons le coup.

Le soir venu, nous demandons à nouveau de pouvoir planter la tente et Milan nous accueille chez lui, nous cuisine un bon souper et nous prête la maison de son oncle décédé pour la nuit.

Le lendemain, il fait grand beau, et nous partons affronter des collines de plus en plus grandes. Nous sommes le 3 novembre et il fait 24°C! Nous avons beaucoup de chance avec la météo finalement.

C’est splendide, mais ça grimpe sec! Nous devons parfois descendre du vélo et pousser. Pour les longs bouts de montée à forte pente, nous utilisons une sangle accrochée à l’avant de Caracol que tire un mulet, euh non pardon, Ludmilla. C’est très efficace et permet d’avancer de manière moins désagréable. Une photo suivra quand nous trouverons un photographe en montée.

Youpie, nous sommes arrivés en haut. C’est tellement beau et tellement la fin de la journée que nous décidons joyeusement de camper là. Il y a même un pavillon avec table et banc.

Après l’effort, le réconfort d’une superbe descente de plusieurs kilomètres pour bien commencer la journée.

Malgré nos cerveaux supérieurs, nous avons un peu de mal avec l’alphabet cyrillique. Auriez-vous deviné le nom des villes indiquées sur ces panneaux? Parfois, même les images prêtent à confusion, est-ce une chèvre ou une vache? Et si seulement nous pouvions aussi mal interpréter les signalement de forte montée…

Une pente à 9% sur 2 kilomètres, impossible à faire sur le vélo. Nous revoilà avec le super système de la sangle et du mulet. A mi-hauteur, un tracteur tirant une remorque pleine de maïs arrive péniblement à nous dépasser. Il roule à peine plus vite que nous. Il s’arrête à notre hauteur et le chauffeur nous fait signe de nous accrocher. Il nous suffit alors de maintenir l’équilibre du vélo. Le tracteur redémarre d’abord lentement, puis accélère un peu, et nous devons marcher d’un bon pas. Au bout de quelques centaines de mètres, nous sommes essoufflés (c’est pas comme si nous venions de pousser 100 kg de vélo sur 1 km) mais nous tenons le coup jusqu’en haut car l’opportunité est trop belle.

Une dernière descente et nous voilà à Pirot, une des dernières villes serbes avant la Bulgarie. Nous y restons 2 jours.