Enfin la Grèce!

Enfin la Grèce!

11 octobre 2018 0 Par Lud et Fab

Nous n’avons malheureusement pas de photo de cigogne traversant le Danube, mais partageons avec vous cette chanson de La Caravane Passe, un groupe qui nous accompagne dans les moments monotones: Une cigogne a traversé le Danube.

Euphoriques d’avoir enfin eu une réponse positive de la part d’un warmshower, nous roulons à pleine puissance en direction de Vohburg an der Donau où nous attend un boiler à température maximale et du bois pour le feu. Même si nous rêvions d’un matelas moelleux au chaud, la douche fumante et les discussions au coin du feu avec un cyclovoyageur de grande expérience nous comblent amplement. Merci à André Laforce!

Toujours en quête d’une nuit au chaud, nous testons quelques modèles observés dans les rues allemandes et appelons cette démarche « l’intégration ».

Arrivés au monastère de Chnikunuk, également une brasserie, le chemin s’arrête et nous devons emprunter une barque (et la rendre) car le ferry ne circule plus à cette période de l’année. L’embarquement de notre campingcar 5 étoiles après 8 autres vélos est assez périlleux. Le vélo étant impossible à porter chargé, il faut décrocher l’ensemble des sacoches. Mais l’effort en vaut la chandelle, car cette portion du Danube est magnifique!

Plus tard ce jour-là, cherchant un abri pour le soir, nous grimpons dans la forêt, mais peine perdue, à part une vue plongeante sur la région, la cabane demeure introuvable.

Le jour suivant, nous voilà enfin en Grèce après tous ces efforts. Nous sommes guidés au loin par le Parthénon qui commence à pointer son nez.

C’est impressionnant le nombre de touristes allemands que nous croisons en Grèce!!! Comme il nous reste du temps avant l’hiver, nous décidons de continuer à rouler.

Comme trop peu de warmshower répondent à l’appel, nous nous rabattons sur couchsurfing, et le lit au chaud se profile enfin pour ce soir. Émus et enthousiastes, nous apercevons à l’horizon Straubing, la ville aux mille clochers.

Nous passons 2 nuits chez Verena qui nous accueille royalement. Nos papilles gardent en mémoire particulièrement les gaufres du matin. Nous nous rappelons également la rencontre d’un de ses amis américains qui nous demande si nous sommes des hippies ou des gitans. A votre avis?

En arrivant à Passau, dernière ville allemande, nous traversons une fois de plus sur une imposante centrale au fil de l’eau.

Nous sommes très fiers de passer le cap des 1021 km. Pour fêter l’évènement, nous nous promettons un restaurant, enfin, juste un plat, c’est trop cher un restaurant.

Dernière nuit en Allemagne, pile sur la frontière. Cette fois-ci, nous trouvons l’abri que nous avions repéré sur le GPS. Il est absolument parfait sous tous les angles, même Bob le dit.

Nous parvenons à capter un wifi ouvert nous permettant de confirmer notre hébergement à Linz, ce qui accroît encore notre joie. Arrivés tôt, nous récupérons du bois dans la forêt pour faire un feu au bord du Danube. Bref, la soirée s’annonce idyllique, et un moment en couple avant de retrouver un couchsurfer nous réjouit.

Au moment où nous allumons le feu, un homme nous interpelle. Il demande si nous allons dormir dans le petit abri, et affirme que lui aussi! Après un léger flottement, nous l’invitons à venir vers le feu pas encore allumé. Il parle dix mots de français, d’anglais et guère plus d’allemand, alors qu’il est allemand. Le plus souvent, il fait des bruits en tout genre, et pas seulement avec sa bouche, le cubis de rouge n’aidant pas. Il n’a pas l’air méchant, mais la communication reste laborieuse, et il nous faut enterrer la soirée romantique. Enfin, nous allons tous nous coucher. L’abri semble alors ultra petit, et la nuit bien longue, la pire depuis le début du voyage lorsque pour couronner le tout des moustiques s’invitent sans crier gare.

Outre l’inconfort, cette expérience nous questionne beaucoup. Nous partageons en apparence les mêmes conditions de voyage (dormir dans le froid, rouler à vélo, …) mais une distance d’un autre ordre semble nous séparer. Notre image en prend un coup. Nous nous pensions ouverts d’esprit mais dans cette situation, malgré certaines similarités, nous sommes incapables de connecter avec lui. Contrastant avec une vision romantique du voyage au long court, nous restons des sédentaires partis en vacances, avec les ressources qui vont avec. Nous réalisons que nous n’avions jamais été confrontés d’aussi près à la misère. Il ne semble pas malheureux et ne nous demande rien. Néanmoins, une partie de nous voudrait l’aider, tandis qu’une autre aimerait juste fuir, le tout dans un tiraillement violent.